La Problématique de la Gestion des Saisons Agricoles et l’impact de la mécanisation agricole ? 

 

Quel est le mode de fonctionnement des exploitations agricoles ? 

Le producteur alloue les champs de son exploitation agricole entre plusieurs spéculations, les cultures vivrières et les cultures de rentes qui participent significativement à l’assurance de la sécurité alimentaire et financière de son ménage. Cependant, si les parcelles allouées aux cultures de rente sont importantes (supérieures à 2 ha), le travail manuel ne permet pas au producteur de finaliser le labour avant le 15 juin, date à compter de laquelle le semis court un risque important de ne pas bénéficier suffisamment de la quantité d’eau nécessaire à l’obtention d’un bon rendement et d’une valeur ajoutée appréciable. Le producteur doit alors recourir à une force de travail plus efficace, que le labour manuel.  

Dans le milieu, deux alternatives s’offrent au producteur :  

  • le labour à la traction bovine et 
  • le labour motorisé avec le tracteur.  

La traction bovine, quoi qu’elle puisse faire l’affaire, est de nos jours, de moins en moins utilisée pour les raisons suivantes : Les conducteurs de bovins en cultures attelées sont à plus de 80% des enfants entre 11 et 14 ans ; or les nouvelles réformes dans l’éducation oblige des enfants de moins de 14 ans à être scolarisés ; aussi avec la morosité économique et la pénibilité de la conduite des bovins en culture attelée, l’exode rural des jeunes vers les grandes villes (Parakou, Cotonou, etc.) ou le Nigéria en quête de situation meilleure est de plus en plus prononcé.  

Le calendrier des travaux agricoles et les limites des dispositifs d’exploitations disponibles.  

Sur la base des activités culturales au niveau du pays, des calendriers des travaux agricoles de pré-récolte et post-récolte ont été élaborés pour chaque type de mécanisation agricole. Ainsi, en ce qui concerne la pré-récolte, le constat général est le fait que les travaux agricoles sont en grande partie réalisés manuellement alors que la motorisation et la traction animale sont utilisées uniquement dans les travaux du sol et le transport. Ajoutant à cela, que les travaux du sol sont réalisés pendant une courte durée dans l’année entre Mai et juillet à l’exception des zones du Sud (PDA7, PDA6 et PDA5) où ces travaux se déroulent entre le mois de Mars et le mois de Mai. Cette situation limite ainsi le nombre d’heures d’utilisation par an offrant peu d’opportunité à la rentabilisation des tracteurs agricoles. 

Il a ainsi été préconisé la diversification des activités motorisées par les activités de semis, de fertilisation, des traitements phytosanitaires etc.  

Pour ce qui est de la post-récolte, activités réalisées essentiellement par les femmes, elle reste dominée par les travaux manuels avec une partie qui se fait par la motorisation. À ce niveau on peut distinguer deux catégories de travaux : décorticage et mouture qui se font toute l’année, battage et égrenage qui sont saisonniers, généralement après la récolte. Pour cette dernière catégorie, la question de la rentabilité se pose également. 

Dans les différents systèmes de production, la main-d’œuvre familiale constitue la principale forme de travail rencontrée. Elle est majoritairement dédiée à l’autoconsommation. Les autres formes de main- d’œuvre rencontrées sont : la main-d’œuvre salariée et la main-d’œuvre communautaire. Les tâches exécutées vont de la préparation des sols jusqu’à la mise en stock des produits en passant par le semis, le sarclage, l’épandage d’engrais, la récolte, etc. Le nombre moyen d’heures de travail journalier varie selon les tâches exécutées entre 6 heures et 10 heures. Le coût de la main-d’œuvre varie entre 130 F CFA et 250 F CFA par heure selon la nature de la tâche. En dehors de la main-d’œuvre familiale que le chef d’exploitation peut mobiliser plus facilement, les autres formes de main-d’œuvre deviennent de plus en plus rares. Cette rareté est de plus en plus prononcée et pourrait être vue comme une opportunité pour une mécanisation plus avancée.  

Face à cette situation, la mécanisation agricole permet d’augmenter la productivité, de réduire la pénibilité du travail et de réaliser les tâches agricoles de manière plus efficace et rapide. 

Les déterminants de la décision à investir dans la mécanisation sont :  

  • l’absence d’une main-d’œuvre qualifiée et moins chère ;  
  • le gain de temps ;  
  • la rapidité d’exécution des travaux ;  
  • l’accessibilité au crédit pour faire face au paiement de la prestation de service de mécanisation ;  
  • les subventions dans la mécanisation agricole.  

 

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